L’anglais canadien est une variété à part entière. Ce n’est ni l’anglais britannique, ni l’anglais américain, et les différences ne sont pas aléatoires. Les Canadiens écrivent colour avec un u mais realize avec un z, ils paient par cheque mais conduisent avec un tire, et ils mesurent les distances en kilometres tout en commandant encore une pint. Pour la lecture de tous les jours, ce caractère hybride passe presque inaperçu, mais dès qu’un document doit être accepté par un organisme canadien officiel, les conventions cessent d’être de simples détails de présentation. Une traduction destinée à un usage canadien devrait se lire comme du canadien, et un traducteur agréé au Canada est formé pour appliquer ces conventions correctement du premier coup. Ce guide expose précisément en quoi l’anglais canadien et l’anglais américain divergent sur le plan de l’orthographe, du vocabulaire, des dates et des mesures, puis explique pourquoi cette distinction compte lorsqu’un document est traduit pour IRCC, les tribunaux ou toute institution qui s’attend à l’usage canadien.

Anglais canadien vs anglais américain : orthographe, mots et traduction
Nous sommes une entreprise de traduction et d’interprétation agréée par l’ATIO en Ontario, et une question qui nous revient sans cesse est une variante de « est-ce que ça change vraiment quelque chose que ma traduction utilise l’orthographe canadienne ou américaine ? ». La réponse honnête, c’est que pour un courriel sans conséquence cela n’a pas d’importance, mais que pour un document qui doit satisfaire une institution canadienne, cela peut en avoir, et se tromper indique que la traduction n’a pas été préparée en pensant à sa destination. Cet article est une comparaison pratique et exacte de l’anglais canadien et de l’anglais américain, rédigée pour deux types de lecteur : la personne curieuse de langues qui veut simplement comprendre les différences, et le demandeur ou le professionnel qui a besoin d’un document traduit correctement pour un usage canadien. Nous abordons les habitudes orthographiques, le vocabulaire, les formats de date, les influences britannique et française qui ont façonné l’anglais canadien, ainsi que les mesures du système métrique, avec des tableaux comparatifs que vous pourrez réellement utiliser. Puis nous relions le tout à la traduction certifiée, car c’est là que la distinction prend toute sa valeur.
Points clés à retenir
- L’anglais canadien est une variété distincte qui combine les conventions orthographiques britanniques (colour, centre, cheque) avec certaines conventions américaines (realize, organize, analyze), façonnée par l’histoire du Canada et par l’influence du français.
- Parmi les orthographes canadiennes courantes figurent colour, favour, centre, theatre, cheque, defence, licence (nom), travelled et catalogue, là où l’anglais américain emploie color, favor, center, theater, check, defense, license, traveled et catalog.
- Le vocabulaire diffère aussi : un washroom canadien est un restroom américain, un runner ou running shoe est un sneaker, un toque est un bonnet de laine, et une hydro bill est une facture d’électricité.
- Le Canada utilise le système métrique pour la distance, la température et le poids (kilometres, Celsius, kilograms), de sorte qu’un document traduit pour un usage canadien devrait refléter les unités métriques le cas échéant.
- Le format des dates est une véritable source de confusion : les mêmes huit chiffres peuvent se lire mois-jour-année aux États-Unis et jour-mois-année ailleurs, ce qui explique pourquoi le format non ambigu année-mois-jour (ISO) est préféré sur les documents officiels canadiens.
- Pour les documents destinés à IRCC, aux tribunaux, à l’ATIO ou à toute institution canadienne, une traduction devrait utiliser les conventions canadiennes. Un traducteur agréé au Canada le fait par formation. Obtenez une soumission gratuite à notre page de soumission pour une traduction certifiée préparée en 24 à 48 heures.
L’anglais canadien est-il vraiment différent de l’anglais américain ?
Oui, et la différence est plus structurée que la plupart des gens ne le supposent. L’anglais canadien ne s’est pas figé à mi-chemin entre la Grande-Bretagne et les États-Unis par hasard. Il est le produit d’une histoire précise : le peuplement britannique et irlandais, l’arrivée des Loyalistes des colonies américaines après 1776, une immigration soutenue, et la présence profonde et continue du français comme l’une des deux langues officielles du Canada. Le résultat est une variété qui conserve de nombreuses orthographes britanniques tout en adoptant le vocabulaire et la prononciation américains dans d’autres domaines, et qui possède en plus ses propres mots faits au Canada. Les linguistes considèrent l’anglais canadien comme une variété nationale reconnue, dotée de ses propres dictionnaires et de ses propres conventions de style, et non comme un accent régional de l’anglais américain.
L’anglais est aussi véritablement une langue majoritaire et une langue de travail à l’échelle du pays. Selon les données linguistiques du Recensement de 2021 de Statistique Canada, l’anglais était la première langue officielle parlée d’une large majorité de Canadiens, tandis que le français ancre le Québec et d’importantes communautés ailleurs, et que des centaines d’autres langues maternelles sont parlées dans la population. Ce cadre fédéral bilingue explique en partie pourquoi l’anglais canadien s’est normalisé comme il l’a fait : les documents officiels sont couramment produits à la fois en anglais et en français, et les services linguistiques fédéraux font depuis longtemps la promotion d’un usage canadien cohérent. Vous pouvez consulter les chiffres officiels dans la publication du Recensement de 2021 de Statistique Canada sur les langues.
Aux fins de ce guide, les différences se rangent dans quelques catégories nettes : l’orthographe, le vocabulaire, le format des dates et des nombres, et les unités de mesure. Aucune d’elles ne rend l’anglais canadien et l’anglais américain mutuellement incompréhensibles. Un Canadien et un Américain se comprennent sans effort. Mais les petites différences constantes finissent par former un registre reconnaissable, et c’est ce registre qu’une institution canadienne s’attend à voir sur un document préparé pour le contexte canadien.
Orthographe canadienne vs américaine : les habitudes de base
C’est dans l’orthographe que la division est la plus visible, et l’essentiel suit une poignée d’habitudes répétables plutôt qu’une mémorisation mot par mot. Une fois que vous connaissez ces habitudes, vous pouvez prédire la forme canadienne d’un mot que vous n’avez jamais vu écrit. L’orthographe canadienne penche du côté britannique pour les terminaisons de mots et le redoublement des consonnes, tandis qu’elle penche du côté américain pour la famille des verbes en « ize ». Voici les principales habitudes, chacune accompagnée de sa règle et d’exemples clairs.
La terminaison -our par opposition à -or
C’est le marqueur le plus célèbre de l’orthographe canadienne. L’anglais canadien conserve la terminaison britannique -our là où l’anglais américain laisse tomber le u. Les Canadiens écrivent donc colour, favour, honour, labour, neighbour, behaviour, flavour et harbour, tandis que les Américains écrivent color, favor, honor, labor, neighbor, behavior, flavor et harbor. Le Canadian Labour Congress et le ministère du Patrimoine canadien (Department of Canadian Heritage) orthographient tous deux à la manière canadienne dans leur propre nom, ce qui rappelle utilement qu’il s’agit du registre officiel et non d’une affectation. Une nuance : lorsqu’un suffixe force un changement, le u peut tomber dans les deux variétés, de sorte que colour devient coloration ou colorimetric dans l’usage technique. Mais dans l’écriture ordinaire, le u reste au Canada.
La terminaison -re par opposition à -er
L’anglais canadien conserve la terminaison britannique -re sur des mots comme centre, theatre, metre, litre, fibre, calibre et sombre, là où l’anglais américain les inverse en center, theater, meter, liter, fiber, caliber et somber. Cela compte dans les documents officiels plus qu’on ne le croit, car metre et litre sont aussi l’orthographe des unités de base métriques dans l’usage canadien. Un formulaire du gouvernement canadien faisant référence à une distance en metres ou à un volume en litres emploie la graphie -re de manière délibérée, conformément au système métrique que le Canada a officiellement adopté.
Le nom en -ce par opposition à -se
Ici, l’anglais canadien suit l’usage britannique qui distingue le nom du verbe par l’orthographe. Les noms defence, licence, offence et pretence prennent un c, tandis que l’anglais américain les écrit defense, license, offense et pretense avec un s sans exception. L’anglais canadien maintient une distinction subtile et véritablement utile avec licence et practice : le nom est licence et practice, mais le verbe est license et practise. Ainsi, un médecin détient une licence (nom) et est licensed (verbe) pour practise (verbe) au sein d’une practice (nom). L’anglais américain fond les deux dans license et practice. C’est le genre de détail qu’un traducteur formé au Canada gère sans même y penser, et qu’un correcteur orthographique américain « corrigera » discrètement dans le mauvais sens.
Les consonnes redoublées devant un suffixe
L’anglais canadien suit la règle britannique du redoublement du l final devant un suffixe, peu importe où tombe l’accent tonique. Les Canadiens écrivent donc travelled, travelling, traveller, cancelled, cancelling, labelled, modelling, fuelled et counselling, alors que l’anglais américain conserve habituellement un seul l : traveled, traveling, traveler, canceled, canceling, labeled, modeling, fueled et counseling. Cette habitude revient constamment dans les textes de tous les jours, et c’est pourquoi un document rempli de formes à un seul l se lit comme nettement américain à l’œil d’un Canadien.
Les verbes en -ize, où le Canada se range du côté de l’Amérique
C’est l’habitude qui surprend les gens. Pour la vaste famille de verbes qui peuvent se terminer en -ize ou en -ise, l’anglais canadien préfère massivement la graphie -ize, la même que l’anglais américain : realize, organize, recognize, analyze, criticize et apologize. L’anglais britannique emploie souvent -ise (realise, organise), mais le Canada ne suit généralement pas la Grande-Bretagne sur ce point. À noter que analyze prend au Canada le z comme la forme américaine, et non le analyse britannique. Un traducteur qui suppose que « canadien égale britannique sur toute la ligne » se trompe donc ici. L’anglais canadien est un véritable mélange, britannique sur -our et -re, américain sur -ize, et il faut une certaine familiarité pour l’appliquer de façon cohérente.
Autres différences orthographiques notables
Quelques éléments fréquents de plus complètent le tableau. Les Canadiens écrivent cheque pour un instrument de paiement (et gardent check pour le verbe qui signifie vérifier), catalogue et dialogue avec la terminaison complète, grey plutôt que gray, mould et smoulder avec le u, storey pour un étage d’un immeuble, et aluminium est compris bien que aluminum soit courant. Le tableau ci-dessous réunit en un seul endroit les contrastes orthographiques les plus utiles.
| Habitude | Anglais canadien | Anglais américain |
|---|---|---|
| -our / -or | colour, favour, honour, labour, neighbour, behaviour | color, favor, honor, labor, neighbor, behavior |
| -re / -er | centre, theatre, metre, litre, fibre | center, theater, meter, liter, fiber |
| Nom en -ce / -se | defence, licence (nom), offence, pretence | defense, license, offense, pretense |
| l redoublé | travelled, cancelled, labelled, modelling, counselling | traveled, canceled, labeled, modeling, counseling |
| Verbes en -ize (le Canada se range avec les États-Unis) | realize, organize, recognize, analyze | realize, organize, recognize, analyze |
| Instrument de paiement | cheque | check |
| Terminaison complète -ogue | catalogue, dialogue, analogue | catalog, dialog, analog |
| Mot pour la couleur grise | grey | gray |
| Étage d’un immeuble | storey (storeys) | story (stories) |
| Tyre / tire et autres | tire, kerb est compris, curb courant | tire, curb |
À retenir : l’orthographe canadienne est cohérente à l’interne une fois que l’on en saisit la logique, mais elle n’est pas une simple copie de l’usage britannique ni de l’usage américain. C’est précisément ce mélange qui fait que les outils automatisés réglés sur « English (US) » écrivent de façon fiable mal les documents canadiens, et c’est pourquoi il vaut la peine d’avoir une personne qui travaille quotidiennement en anglais canadien sur un document qui compte. Nous appliquons les conventions canadiennes à chaque fichier dans notre service de traduction de documents.
Mots canadiens vs américains : différences de vocabulaire
L’orthographe n’est que la moitié de l’histoire. L’anglais canadien et l’anglais américain choisissent aussi des mots différents pour les mêmes objets du quotidien, et certains sont nettement canadiens. Les différences de vocabulaire causent rarement de la confusion au sens juridique, mais elles déterminent à quel point un texte sonne naturel pour un lecteur canadien, et sur certains documents, le bon terme compte véritablement. L’exemple classique est la pièce munie d’une toilette : les Canadiens demandent le washroom, les Américains disent restroom ou bathroom, et les Britanniques disent loo ou toilet. Aucun n’est faux, mais washroom est le terme que vous verrez sur l’affichage public canadien et celui qui se lit comme local.
Une partie du vocabulaire canadien reflète les institutions et la vie canadiennes. Hydro en est un exemple célèbre : dans une grande partie du Canada, la facture d’électricité est la hydro bill et le service public est la hydro company, parce qu’une si grande part de l’électricité canadienne provenait historiquement de l’énergie hydroélectrique. Un toque est le bonnet d’hiver tricoté que les Américains appelleraient un beanie. Un runner ou running shoe est le sneaker américain. Un two-four est une caisse de vingt-quatre bières, et un loonie et un toonie sont les pièces de un dollar et de deux dollars. Un chesterfield est un mot canadien plus ancien pour un sofa ou un couch. Ce ne sont pas des termes de documents officiels, mais ils illustrent que l’anglais canadien possède une véritable identité lexicale, et pas seulement des particularités orthographiques.
Pour les documents et les contextes officiels, les différences de vocabulaire qui comptent le plus touchent généralement à l’éducation, au gouvernement et à l’administration de tous les jours. Le tableau ci-dessous associe des termes canadiens courants à leurs équivalents américains habituels.
| Catégorie | Anglais canadien | Anglais américain |
|---|---|---|
| Installations | washroom | restroom / bathroom |
| Services publics | hydro (bill / company) | electric / power (bill / company) |
| Chaussures | runners / running shoes | sneakers |
| Vêtements d’hiver | toque | beanie / knit cap |
| Niveau scolaire | grade one, grade twelve | first grade, twelfth grade |
| Postsecondaire | university et college sont distincts | college signifie souvent tout postsecondaire |
| Dernière année du secondaire | graduating year / grade twelve | senior year |
| Argent (argot) | loonie (1 $), toonie (2 $) | buck (1 $) |
| Mobilier | chesterfield / couch | couch / sofa |
| Boisson gazeuse | pop | soda |
| Dernière lettre | zed | zee |
Les termes liés à l’éducation méritent une note particulière, car ils apparaissent dans les documents scolaires traduits. Au Canada, les années d’école sont normalement appelées grade one à grade twelve, et non first grade à twelfth grade, et les mots university et college désignent des types d’établissements différents plutôt que d’être interchangeables comme c’est souvent le cas dans l’usage américain. Lorsqu’un relevé de notes étranger est traduit pour un usage canadien, faire correspondre les niveaux d’éducation d’origine à une terminologie qu’un évaluateur de diplômes ou un bureau des admissions canadien reconnaîtra fait partie d’un travail bien fait. Nous gérons cela régulièrement dans notre travail de traduction de documents, et vous pouvez voir l’étendue des langues que nous traitons sur notre page des langues.
Formats de date : la différence qui cause de vrais problèmes
De toutes les différences canadiennes et américaines, le format des dates est celle qui risque le plus de causer une véritable erreur sur un document, et elle mérite une attention soignée. Les États-Unis écrivent conventionnellement les dates en mois-jour-année : une date écrite 03/04/2024 signifie March 4, 2024 pour un lecteur américain. La plus grande partie du reste du monde, y compris la tradition jour-mois-année que le Canada a héritée de la Grande-Bretagne et de la France, lit ce même 03/04/2024 comme April 3, 2024. Les deux lectures sont à cinq semaines d’écart, et sur un certificat de naissance, une échéance de contrat ou un formulaire d’immigration, cette ambiguïté n’est pas anodine.
La solution pratique du Canada, et celle qui est largement utilisée sur les formulaires officiels canadiens, est l’ordre non ambigu année-mois-jour : 2024-03-04 lu selon la norme internationale ISO 8601 signifie toujours le 4 mars 2024, parce que les composantes vont de la plus grande à la plus petite. De nombreux formulaires du gouvernement canadien précisent AAAA-MM-JJ précisément pour éliminer la confusion entre mois-jour et jour-mois, et les formulaires bilingues y gagnent parce que l’ordre numérique se lit de la même façon, que le texte qui l’entoure soit en anglais ou en français. En cas de doute sur un document officiel, écrire le mois en toutes lettres (4 mars 2024 ou March 4, 2024) supprime toute ambiguïté, et un traducteur consciencieux fera souvent exactement cela.
| Format | Exemple pour le 4 mars 2024 | Notes |
|---|---|---|
| Américain (mois-jour-année) | 03/04/2024 ou March 4, 2024 | Standard aux États-Unis ; la forme entièrement numérique est ambiguë à l’international. |
| Jour-mois-année (tradition britannique / française) | 04/03/2024 ou 4 mars 2024 | Courant dans l’usage canadien et québécois de tous les jours ; mêmes chiffres, sens opposé à la forme américaine. |
| ISO année-mois-jour (préféré sur les formulaires officiels) | 2024-03-04 | Non ambigu, utilisé sur de nombreux documents du gouvernement canadien, se lit de façon identique en anglais et en français. |
C’est précisément le genre de détail où une traduction certifiée se rentabilise. Transposer une date d’une langue à l’autre tout en préservant le bon jour, et la rendre dans un format qu’un agent canadien lira sans ambiguïté, relève du cœur de l’art de la traduction. Se tromper peut produire un document qui semble énoncer la mauvaise date, ce qui, dans un dossier d’immigration ou juridique, constitue un problème sérieux. Nos conseils sur comment faire traduire vos documents pour IRCC passent en revue les normes relatives aux documents à l’appui, là où ce soin importe le plus.
L’influence britannique et française sur l’anglais canadien
Pour comprendre pourquoi l’anglais canadien s’est fixé là où il l’a fait, il faut examiner deux influences déterminantes que les États-Unis n’ont pas partagées de la même manière : un long lien colonial et du Commonwealth avec la Grande-Bretagne, et la présence continue et officielle du français. Toutes deux ont laissé leur empreinte sur la langue, et toutes deux expliquent pourquoi l’usage canadien est plus proche du britannique à certains égards et entièrement le sien à d’autres.
L’héritage britannique
Le conservatisme orthographique du Canada est le legs britannique le plus évident. Parce que le Canada est demeuré au sein de l’Empire britannique, puis du Commonwealth, et parce que les guides de style et les dictionnaires britanniques ont fait autorité dans les écoles et l’édition canadiennes jusque tard au vingtième siècle, les graphies -our, -re et le nom en -ce ont tenu. L’influence des médias américains et la proximité ont ensuite tiré le vocabulaire et la famille des verbes en -ize vers les normes américaines, produisant l’hybride que nous avons aujourd’hui. L’idée est que l’orthographe canadienne n’est pas une imitation nostalgique de la Grande-Bretagne ; c’est ce qui se produit lorsqu’un standard écrit d’origine britannique rencontre un environnement oral nord-américain et se stabilise au milieu.
La présence française
Le français n’est pas une note de bas de page historique au Canada ; c’est l’une des deux langues officielles, et le gouvernement fédéral produit une vaste part de sa production écrite à la fois en anglais et en français. Cette réalité bilingue a renforcé certaines conventions de l’anglais canadien. Certains termes d’origine française font simplement partie de la vie canadienne, et le Canada anglais conserve souvent les graphies et les accents français sur les mots empruntés plus fidèlement que l’anglais américain. Plus important encore pour la traduction, la coexistence de l’anglais et du français a bâti une solide infrastructure nationale pour une terminologie précise et normalisée. Le Bureau de la traduction du gouvernement du Canada, qui relève de Services publics et Approvisionnement Canada, élabore et tient à jour la terminologie officielle et les outils linguistiques utilisés dans l’ensemble du système fédéral, ce qui a contribué à ancrer un usage canadien cohérent dans les deux langues. Vous pouvez consulter le mandat des services linguistiques fédéraux au Bureau de la traduction de Services publics et Approvisionnement Canada.
Ce cadre bilingue explique aussi pourquoi tant de documents qui transitent par les institutions canadiennes doivent fonctionner en anglais ou en français, et pourquoi un traducteur qui travaille vers l’anglais canadien œuvre habituellement au sein d’une tradition qui tient pour acquise l’existence d’un pendant français. Lorsque PIC traite du travail certifié en français et en anglais, cette sensibilité bilingue est intégrée ; voyez par exemple notre service d’interprétation simultanée en français pour le versant oral de la même expertise.
Mesures métriques : le Canada est métrique
L’une des différences pratiques les plus nettes entre le Canada et les États-Unis est la mesure. Le Canada utilise officiellement le système métrique. Les distances routières et les limites de vitesse sont en kilometres, la température est en degrés Celsius, le poids corporel et l’épicerie sont en kilograms et en grams, le carburant est vendu au litre, et les tailles sur les formulaires officiels sont couramment données en centimetres. Les États-Unis, en revanche, restent aux unités usuelles : miles, Fahrenheit, pounds et gallons. Ce n’est pas une différence d’orthographe, mais c’est une différence d’usage qui touche absolument les documents.
Dans la vie canadienne réelle, il subsiste un certain usage informel des unités impériales. Les gens énoncent souvent leur taille en feet et inches et leur poids en pounds dans la conversation courante, et les recettes et le bois d’œuvre mélangent encore les systèmes. Mais le monde officiel, celui des documents, est métrique. Un permis de conduire canadien indique la taille en centimetres, un formulaire médical canadien consigne le poids en kilograms, et un formulaire du gouvernement canadien exprimant une distance utilise les kilometres. Lorsqu’un document étranger citant des unités impériales ou autres est traduit pour un usage canadien, décider s’il faut convertir, et comment présenter clairement à la fois l’original et l’équivalent métrique, est un jugement qu’un traducteur familier des conventions canadiennes est outillé pour porter. L’objectif est un document qu’un lecteur canadien interprète correctement d’un coup d’œil, sans avoir à deviner quel système de mesure est en jeu.
| Mesure | Canada (métrique, officiel) | États-Unis (usuel) |
|---|---|---|
| Distance / vitesse | kilometres (km), km/h | miles, mph |
| Température | Celsius | Fahrenheit |
| Poids | kilograms / grams | pounds / ounces |
| Volume (carburant, liquides) | litres | gallons |
| Taille sur les formulaires | centimetres | feet et inches |
Pourquoi cela compte pour la traduction
Tout ce qui précède peut sembler anecdotique jusqu’à ce qu’un document doive être accepté par une autorité canadienne. À ce moment-là, la variété d’anglais qu’emploie une traduction devient un facteur qui détermine si le document paraît crédible et se lit correctement aux yeux de la personne qui l’examine. Une traduction destinée à un usage canadien devrait utiliser les conventions canadiennes : orthographe canadienne, terminologie canadienne, unités métriques le cas échéant, et dates non ambiguës. Un document qui arrive plein d’orthographes américaines et de dates en mois-jour-année n’est pas automatiquement rejeté pour cette seule raison, mais il signale que la traduction a été produite sans penser à la destination canadienne, et sur des documents où la précision est tout l’enjeu, cette impression vaut la peine d’être évitée.
La raison plus profonde est que les institutions qui reçoivent ces documents sont canadiennes et fonctionnent en anglais et en français canadiens. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada examine les documents d’état civil et les documents à l’appui traduits par rapport à une norme canadienne, et ses propres exigences sont rédigées dans l’usage canadien. Vous pouvez lire la règle officielle dans la réponse du Centre d’aide d’IRCC sur les exigences de traduction. Les tribunaux canadiens fonctionnent en anglais et en français canadiens, avec le droit à un interprète protégé par l’article 14 de la Charte canadienne des droits et libertés, ce qui souligne le sérieux avec lequel le système juridique canadien traite l’accès linguistique exact. Et la traduction professionnelle au Canada est régie par des organismes canadiens, ce qui nous amène au point de l’agrément.
Un traducteur agréé au Canada fait cela correctement par défaut
La raison de recourir à un traducteur agréé au Canada pour un document destiné au Canada n’est pas seulement le sceau d’agrément qu’IRCC et d’autres organismes exigent ; c’est que la personne derrière le sceau travaille en anglais et en français canadiens chaque jour et applique les conventions canadiennes sans qu’on le lui demande. Un traducteur agréé par l’Association des traducteurs et interprètes de l’Ontario (ATIO) ou par un autre organisme provincial a démontré sa compétence professionnelle, généralement en réussissant l’examen national d’agrément administré par le Conseil des traducteurs, terminologues et interprètes du Canada (CTTIC). Cette compétence comprend la production d’un texte en langue cible qui se lit comme il se doit pour son public. Pour un public canadien, cela signifie l’usage canadien. Vous pouvez vous renseigner sur les organismes d’agrément auprès de l’ATIO et du CTTIC national.
Concrètement : un traducteur canadien agréé écrira colour, cheque et defence à la manière canadienne, distinguera correctement licence de license, rendra les dates de façon qu’un agent canadien les lise bien, emploiera le métrique là où le contexte canadien l’appelle, et choisira une terminologie qu’une institution canadienne reconnaît. Un service de traduction d’outre-mer réglé sur l’anglais américain, ou un outil automatisé, ne fera pas ces choses de façon fiable, et l’écart est exactement le genre de détail qui fait qu’un document a l’air d’être à sa place, ou a l’air d’avoir été préparé ailleurs. Pour les demandeurs qui assemblent un dossier d’immigration, notre guide sur comment faire traduire vos documents pour IRCC couvre la norme d’agrément en détail, et notre page de traducteur agréé à Toronto explique à quoi ressemble une traduction estampillée par l’ATIO en pratique.
C’est le cœur de ce que nous faisons. PIC est une entreprise de traduction et d’interprétation agréée par l’ATIO, et chaque document certifié que nous produisons pour le marché canadien est préparé selon les conventions canadiennes, comme une évidence, estampillé et prêt pour l’institution à laquelle il est destiné. Que votre document soit destiné à IRCC, à un tribunal canadien, à un bureau des admissions universitaires ou à un registre provincial, il devrait se lire comme du canadien, et il devrait être certifié par une personne qualifiée pour le rendre ainsi. Vous pouvez servir des clients partout au pays à partir de notre réseau d’emplacements partout au Canada.
Référence rapide : canadien vs américain en un coup d’œil
Si vous ne retenez qu’une poignée de règles, retenez celles-ci. Elles couvrent la grande majorité des cas que vous rencontrerez réellement en lisant ou en préparant un document pour un usage canadien.
- Gardez le u : colour, favour, honour, labour, neighbour, behaviour. L’anglais américain le laisse tomber.
- Gardez -re : centre, theatre, metre, litre, fibre. L’anglais américain le bascule en -er.
- Le nom prend un c : defence, licence, offence, practice (nom) par opposition à practise (verbe). L’anglais américain emploie un s partout.
- Redoublez le l : travelled, cancelled, labelled, counselling. L’anglais américain garde un seul l.
- Mais employez -ize : realize, organize, recognize, analyze. Ici, le Canada s’aligne sur les États-Unis, et non sur la Grande-Bretagne.
- Cheque, et non check, pour un paiement ; grey, et non gray ; catalogue, et non catalog.
- Passez au métrique : kilometres, Celsius, kilograms, litres sur le matériel officiel.
- Rendez les dates non ambiguës : préférez AAAA-MM-JJ, ou écrivez le mois en toutes lettres, pour éviter le piège du mois-jour par opposition au jour-mois.
Foire aux questions
L’anglais canadien est-il identique à l’anglais britannique ?
Non. L’anglais canadien partage de nombreuses orthographes britanniques, comme colour, centre et cheque, mais il en diffère sur des points importants. Plus notablement, le Canada emploie généralement la terminaison américaine -ize (realize, organize, analyze) plutôt que le -ise britannique, et le vocabulaire et la prononciation canadiens sont fortement influencés par les États-Unis. L’anglais canadien se comprend mieux comme sa propre variété, qui combine les conventions orthographiques britanniques avec l’usage nord-américain, et non comme une copie de l’une ou de l’autre.
Un document traduit pour le Canada devrait-il utiliser l’orthographe canadienne ou américaine ?
Pour un document destiné à un usage au Canada, l’orthographe et les conventions canadiennes sont le choix approprié. Des institutions comme IRCC, les tribunaux canadiens, les universités et les registres provinciaux fonctionnent en anglais et en français canadiens, et une traduction qui emploie l’usage canadien se lit comme préparée pour sa destination. Bien qu’une traduction à l’orthographe américaine ne soit habituellement pas rejetée pour la seule orthographe, l’usage des conventions canadiennes écarte toute impression que le document a été produit sans tenir compte du contexte canadien.
Quelles sont les différences orthographiques canadiennes par opposition aux américaines les plus courantes ?
Les différences les plus fréquentes sont la terminaison -our par opposition à -or (colour par opposition à color), la terminaison -re par opposition à -er (centre par opposition à center), le nom en -ce par opposition à -se (defence par opposition à defense), et le redoublement du l devant un suffixe (travelled par opposition à traveled). Le Canada emploie aussi cheque plutôt que check pour les paiements, grey plutôt que gray, et la terminaison complète -ogue dans catalogue et dialogue. L’exception notable est la famille des verbes en -ize, où le Canada s’aligne sur l’orthographe américaine.
Pourquoi le format de date prête-t-il à confusion entre le Canada et les États-Unis ?
Les États-Unis écrivent les dates en mois-jour-année, de sorte que 03/04/2024 signifie March 4. La tradition jour-mois-année que le Canada a héritée de la Grande-Bretagne et de la France lit les mêmes chiffres comme April 3. Parce qu’une date entièrement numérique peut se lire de deux façons, de nombreux formulaires officiels canadiens utilisent l’ordre non ambigu année-mois-jour (2024-03-04), qui signifie toujours la même date et se lit de façon identique en anglais et en français. Sur les documents officiels, écrire le mois en toutes lettres élimine aussi toute ambiguïté.
Le Canada utilise-t-il le système métrique ou impérial ?
Le Canada utilise officiellement le système métrique. La distance et la vitesse se mesurent en kilometres, la température en degrés Celsius, le poids en kilograms et en grams, et le volume liquide en litres. Les unités impériales apparaissent encore de façon informelle, par exemple lorsque les gens énoncent leur taille en feet et inches, mais les documents et les formulaires officiels canadiens utilisent les unités métriques. Une traduction préparée pour un usage canadien devrait refléter la mesure métrique là où le contexte l’appelle.
Pourquoi la différence entre licence et license importe-t-elle ?
En anglais canadien, licence avec un c est le nom (vous détenez une licence) et license avec un s est le verbe (vous êtes licensed pour faire quelque chose). Le même modèle s’applique à practice (nom) et practise (verbe). L’anglais américain emploie license et practice pour le nom comme pour le verbe. La distinction compte sur les documents professionnels et juridiques, où une terminologie précise est attendue, et c’est le genre de détail qu’un correcteur orthographique américain modifiera souvent à tort.
Un outil automatisé ou un service américain produira-t-il une traduction canadienne correcte ?
Souvent pas de façon fiable. Les outils automatisés et les services de traduction configurés pour l’anglais américain tendent à appliquer l’orthographe américaine, l’ordre des dates américain et les unités usuelles, et ils manquent les distinctions canadiennes comme licence par opposition à license. Pour un document qui doit satisfaire une institution canadienne, un traducteur qui travaille en anglais et en français canadiens chaque jour applique les bonnes conventions par formation, et un sceau d’agrément canadien satisfait aussi l’exigence que des organismes comme IRCC imposent quant à savoir qui peut certifier une traduction.
PIC prépare-t-elle les traductions selon les conventions canadiennes ?
Oui. PIC est une entreprise de traduction et d’interprétation agréée par l’ATIO, et chaque document certifié que nous préparons pour le marché canadien utilise l’orthographe canadienne, la terminologie, les unités métriques le cas échéant et des dates non ambiguës, estampillé et prêt pour l’institution à laquelle il est destiné. Nous servons Toronto, Hamilton et tout le Canada dans plus de 500 langues. Demandez une soumission gratuite avec votre document et nous confirmerons l’approche et le délai pour votre dossier précis.
Obtenez une traduction certifiée préparée pour le Canada
L’anglais canadien est une variété véritable, dotée de sa propre orthographe, de son propre vocabulaire, de ses propres dates et de ses propres mesures, et un document préparé pour un usage canadien devrait en tenir compte. Nous sommes une entreprise de traduction et d’interprétation agréée par l’ATIO au service de Toronto, de Hamilton et de tout le Canada, et nous préparons chaque jour des traductions certifiées selon les conventions canadiennes, prêtes pour IRCC, les tribunaux, les universités et les registres, avec un délai habituel de 24 à 48 heures. Consultez notre page de traducteur agréé à Toronto et notre gamme complète d’emplacements partout au Canada, puis demandez votre soumission ci-dessous ou appelez le (437) 601-8999.
